Chronique radio « C’est presque sérieux »: Zéro Zéro Sept.

Lien vers le podcast (chronique à 53:19):

      C'est presque sérieux - La Prem1ère

Depuis ce matin mon coeur fait des Bond, James Bond.

Ce soir, le public a rendez-vous une fois de plus avec le moins secret des agents secrets, l’homme en smoking le plus dangereux au monde après Donald Trump et le seul employé du gouvernement britannique à avoir plus de poigne que feu Mme Tatcher.

Si la recette 007 fonctionne depuis 50 ans, c’est qu’elle est l’incarnation d’une certaine vie rêvée: un concentré d’action sans encombre, une succession de cocktails, de parties de poker, de courses effrénées dans des voitures de luxe qui finissent à la casse, de combats pour le bien, de coups de théâtre, de scènes d’amour incongrues qui tombent comme un cheveu dans la soupe de homard, où des filles  shootées à l’adrénaline se pâment sur des draps en satin et se roulent dans le caviar.  James Bond, c’est la victoire de tous les excès, c’est le permis de tuer vu que demain ne meurt jamais et qu’en plus on ne vit que deux fois. James Bond c’est l’imagerie subconsciente derrière la Rollex de Séguéla, le bunga bunga de Berlusconi, et heu, le compte Snapchat de François Hollande ( en matière de sulfureux, chacun fait selon ses moyens).  Bref, James Bond, c’est le rêve, le show américain à la portée des Européens.

Cela dit, autres temps, autres moeurs. Nous vivons une époque formidable, où la réalité n’a jamais été aussi spectaculaire et le spectacle n’a jamais été aussi réaliste. A l’heure où le monde entier se met en scène, combien de temps 007 et ses bidules qui explosent continueront de nous faire rêver face à la Realfiction quotidienne? C’est la question que je me pose.  On dirait que les producteurs se la posent aussi, vu qu’ils ont fait, ces dernières années, de gros efforts pour ramener l’agent secret au niveau du commun des mortels. Déjà, ils ont embauché Daniel Craig. C’est peut-être subjectif, mais quand je repense à Sean Connery ou à Pierce Brosnan, à côté d’eux, Craig c’est mon voisin quadragénaire alcoolo. C’est le mec dont tu te dis qu’au bout de son 3e martini, y’a moyen que tu le ramènes chez toi sans pour autant être Monica Belluci.

J’apprécie l’effort. Mais quitte à verser dans le réalisme, autant y aller à fond, non? Par exemple, moi j’aurais bien vu James Bond en Belge. Quand je pense à tous ces scripts qui dorment dans mes tiroirs, comme “Au Service Secret de sa Majesté Baudouin”, “Un Gouvernement ne suffit pas” ou encore “Casino Royale de Spa”. Je rêve d’un James Bond qui boirait sa vodka péket au shaker, pas à la cuillère et qui poursuivrait les méchants avec des gadgets de chez Krëfel. Mais je me suis vite rendu compte que ça ne tiendrait pas debout. L’an dernier, en pleine remise en question existentielle, je m’étais dit que je deviendrais bien agent secret. Après tout j’ai le profil idéal: je suis très intelligente, je suis polyglotte et surtout je suis toute petite, on peut me cacher facilement dans une valise. Vous savez comment on devient agent secret en Belgique? Faut s’inscrire au SELOR. AU SELOR! Faut rentrer un DOSSIER, et remplir des QCM! Donc à moins de faire produire mon James Bond par les frères Dardennes, il y allait avoir incompatibilité…

Il faut se faire une raison, les Britanniques ont James Bond,  les Allemands ont Derrick, nous on a le Commissaire Maigret. Les mauvaises langues diront qu’on a les héros qu’on mérite. Moi je prétends que tout reste à faire: le James Bond du futur sera Belge, ou ne sera pas!

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